DICTEE SENIORS 2006
Une dictée sans queue ni
thème
Depuis quelque trois cent soixante-quatre jours,
après que la promulgation des résultats de la première dictée de Sénart fut
terminée et que les concurrents se furent égaillés dans les rues pour rejoindre
leurs chers pénates, depuis lors, donc, les amoureux des mots et des phrases
alambiqué(e)s de tout horizon attendaient impatiemment ce nouvel événement
littéraire : la
deuxième dictée de Sénart.
Les supputations les plus saugrenues circulaient.
Quels pièges démoniaques nous seraient tendus ? Quels accords grammaticaux
abscons devrions-nous affronter ? A quelle(s) graphie(s) désuète(s), à
quelles épithètes inattendues aurions-nous affaire ? Bientôt nous
saurions.
Certains aficionados acharnés du vocabulaire, au
paroxysme de la curiosité, avaient même tenté, en vain, d’infiltrer le staff
organisateur jusque dans le blockhaus où il s’était réfugié, telle une nuée de
balbuzards ou de gypaètes barbus. Ayant échoué dans leur hasardeuse tentative,
tout penauds, ces stakhanovistes peu fair-play s’étaient résolus à échafauder
les suppositions les plus farfelues quant au(x) thème(s) traité(s).
(Fin de la dictée lycéens)
Aurions-nous droit à un
sujet d’actualité brûlante, comme la commémoration de la catastrophe nucléaire
de Tchernobyl ? Profiterait-on de l’année Mozart pour évoquer les chefs-d’œuvre
de Wolfgang Amadeus, de ses opéras-comiques au fameux requiem inachevé, sans
oublier lieder et symphonies les plus enlevés ?
Ou bien saisirait-on l’occasion d’une balade dans
ces hauts lieux de l’histoire de l’agglomération sénartaise ? La pierre
milliaire de Lieusaint, qui fut naguère utilisée comme l’un des trois points de
repère pour le calcul de la dix-millionième partie du quart du méridien
terrestre, c'est-à-dire le mètre, qui l’eût cru ? Le château du Plessis
Picard, qui accueillit George Sand, où cet écrivain renommé connut ses
premières amours charnelles et où elle écrivit des épîtres enflammées ?
Que nenni ! Rien de tout cela. Nous ne nous évertuerions que sur un fatras de phrases interrogatives touche-à-tout, un exercice de style chaotique, un texte sans queue ni thème.
BAREME DE CORRECTION
Sauf précision ci-après :
- faute de tiret ou d’accent non grammaticale : ½ faute
- pas plus d’1 faute par mot.
- mots composés : 1 faute pour chaque élément erroné.
quelque : avec « s » = 1 f (placé devant un nombre = adverbe signifiant « environ »)
trois cent soixante-quatre : tiret absent ou en trop = ½ f, autres = 1 f par mot
fut, se furent : si accent circonflexe = 1 f par mot (verbes au passé antérieur)
égaillés : ne pas confondre avec égayés (égaillés = éparpillés)
leurs chers pénates : nom m. pl. ; 1 f si tout au singulier ou tout au féminin, 2 f si les deux
des mots et des phrases alambiquées : on acceptera aussi alambiqués selon accord
événement : ou évènement (les deux graphies sont admises)
Quels pièges démoniaques nous seraient tendus : 1 f si tout au singulier (plusieurs pièges !)
quelle graphie désuète : accepté si tout au pluriel ; désuette = 1 f
à quelles épithètes inattendues : a sans accent= 1 f ; tout au masculin = 1 f
aurions-nous affaire : à faire = 1 f ; pas de tiret = ½ f
aficionados : un seul F
paroxysme : avec un Y
blockhaus : avec un tiret = ½ f , autre erreur = 1 f
où il s’était réfugié : pas d’accent à où = 1 f ; tout au pluriel = 1 f (on parle du staff)
telle : se rapporte toujours à ce qui suit (la nuée)
balbuzards : avec un Z , gypaètes barbus : masculin (oiseaux de proie)
tout penauds : tous = 1 f
ces stakhanovistes : ses = 1 f (de Stakhanov, inventeur de la fameuse méthode de travail)
fair-play : invariable (1 f si « s ») ; pas de tiret ou écrit en un seul mot= ½ f
s’étaient résolus : pas de s à résolus = 1 f
quant : quand = 1f
au thème traité : on accepte également si tout au pluriel ; traîté = ½ f
chefs-d’œuvre : pas de tiret = ½ f ; chef =1 f ;
Wolfgang Amadeus : 1 f par mot (sauf accent = ½ faute)
opéras-comiques : sans tiret= ½ f ; 1 f par s oublié
au fameux requiem inachevé : tout au pluriel = 1 f , s à requiem = 1 f suppl. (invariable)
lieder : c’est le pluriel de lied (poème chanté), donc pas de s (1 f)
enlevés : s’accorde avec lieder et symphonies
balade : un seul l – (Ballade = chanson, Balade = promenade)
hauts lieux : s’écrit en 2 mots distincts - trait d’union = ½ f
milliaire : 2 L (vient de mille, unité de longueur utilisée par les romains)
fut : passé simple, 1 f si accent
repère : à ne pas confondre avec repaire (refuge d’animaux)
dix-millionième : ½ f si tiret absent - attention 1 seul n et pas de s (1 f sinon)
c’est-à-dire : avec 2 tirets (½ f par tiret manquant)- à sans accent = 1f
mètre : accent grave (½ f si accent erroné, 1 f si autre orthographe)
qui l’eût cru : conditionnel passé deuxième forme ! eut = 1 f; crû = 1 f (verbe croître)
château : absence d’accent = ½ f
Plessis Picard : accepté avec ou sans trait d’union
George Sand : pas de S à George (sinon 1 f)
cet écrivain renommé : écrivain est exclusivement masculin ; tout au féminin = 1 f
connut : si accent circonflexe = 1 f (passé simple)
ses premières amours : ces = 1 f ; amour peut devenir féminin au pluriel (poétique)
épîtres enflammées : nom féminin - pas d’accent circonflexe= ½ f
cela : si accent = ½ f
évertuerions : ne pas oublier le e (muet) avant le r
touche-à-tout : 2 tirets, tout invariable (1 f par mot faux, ½ f par tiret manquant)
chaotique : se rapporte au chaos et non au cahot !